Quels sont les types de tapis berbère ?

Beni Ouarain, Azilal, Kilim, Boucherouite, Beni M’Guilde… Ce sont les types de tapis berbères les plus connus. Ces belles pièces traditionnelles marocaines, dont les modèles authentiques sont confectionnés à la main dans les régions montagneuses de l’Atlas, s’apprécient pour leurs couleurs éclatantes et leurs motifs exceptionnels. Ce sont en même temps des trésors culturels d’une grande valeur, la culture artisanale des tisserandes berbères se transmettant de mère en faille depuis plusieurs siècles. Quelles sont les caractéristiques des principaux types de tapis berbères ? Eléments de réponse.

Les tapis Beni Ouarain

Les tapis Beni Ouarain se caractérisent par la sobriété de leur touche esthétique. Que l’on ne s’y trompe. Ce sont des pièces réalisées autrefois pour les souverains par des tisserandes de la bourgeoisie berbère. En ce qui concerne les motifs, ce sont surtout des motifs noirs dessinés sur un fond blanc. Aux côtés des réalisations anciennes voient néanmoins le jour des œuvres aux motifs plus originaux, pas seulement en termes de motifs mais aussi au niveau des couleurs qui tendent à s’enrichir. Sur le site Tapis-berbere.fr, vous retrouverez une large sélection des plus belles pièces Beni Ouarain.

Les tapis Boucherouites

Beaucoup disent que les tapis Boucherouites sont des cousins des tapis Beni Ouarain, en raison de leur ressemblance. Cette ressemblance est toute relative, notamment parce que contrairement aux tapis des rois, ces pièces sont réalisées avec de laine d’une qualité inférieure – la laine de bonne qualité était réservée aux tisserandes de bonnes familles. Les tisserandes utilisent en réalité de vieux coupons de tissu, parfois même des bouts de vêtements dont on n’a plus besoin. Mais si le prestige n’est pas au rendez-vous – une caractéristique qui explique au demeurant le fait que les Boucherouites soient les pièces marocaines les plus abordables du marché –, l’authenticité en fait des trésors absolus qu’on affectionne. Ces pièces sont en tout cas riches en couleurs souvent chatoyantes.

Les tapis Azilal

En matière de décoration intérieure, il arrive parfois qu’on ait du mal à se décider entre deux ou plusieurs modèles ou styles. En l’occurrence, quand on se laisse séduire à la fois par les couleurs chatoyantes du tapis Boucherouite et par la laine soyeuse – et le prestige qui va avec – du tapis Beni Ouarain, on se tourne vers un modèle qui incarne une parfaite association des deux : le tapis Azilal.

Les pièces Azilal sont confectionnées dans la région éponyme. Comme pour les autres tapis berbères, cette tâche revient à des artisanes tisserandes dont le savoir-faire ancestral se transmet de mère en fille au fil des générations. Aujourd’hui, les tapis Azilal comme d’autres séduisent par leur touche esthétique exceptionnelle. Difficile d’imaginer que ces pièces étaient à l’origine confectionnées pour des raisons purement pratiques. En l’occurrence, les premières pièces berbères étaient des couvre-sols tissés pour faire face aux hivers rudes de l’Atlas marocains. Les tisserandes marocaines ont par la suite commencé à confectionner des habits en laine de mouton, puis des tapis décoratifs.

Les tapis Kilim

En réalité, le terme Kilim englobe une bonne partie des tapis d’Orient, y compris les pièces persanes, pakistanaises ou ottomanes. Mais avec le temps, les pièces berbères sont popularisées et imposées dans les intérieurs des sociétés occidentales, au point d’éclipser les autres réalisations d’Orient.

Toujours est-il que les premiers tapis Kilims marocains – c’est important de le préciser – remontent à il y a environ 10 000 ans. Cette période correspond à celle où les tribus berbères commencent réellement leur activité pastorale, et les tisserandes à exploiter la laine de moutons.

Ces belles pièces étaient au départ destinées à recouvrir les murs, faisant alors office d’isolants. Avec le temps, elles revêtent un caractère décoratif en recouvrant les sols, ce qui est d’ailleurs une manière d’impressionner ou d’honorer les convives dans les salons anciens marocains.

Ces pièces berbères sont d’une beauté exceptionnelle. Elles séduisent notamment par leurs couleurs éclatantes. Elles se caractérisent par ailleurs par divers motifs symboliques. Les tisserandes berbères se servaient – et continuent à s’en servir – de ces motifs pour raconter leur quotidien, mais aussi des histoires heureuses comme la naissance.

9 mars 2020